LA JUSTICE LES YEUX DANS LES YEUX

François Kohler

Documentaire – 2019 – Suisse – 52 min
VO Français, allemand

 

La justice pénale, celle qui punit, montre certaines limites en se focalisant sur l’acte commis plutôt que sur les besoins des parties.

Ce film explore le rapprochement difficile entre des victimes cherchant à se reconstruire et des auteurs prêts à se responsabiliser. La justice restaurative les encourage à gérer par eux-mêmes les conséquences personnelles de leurs conflits et les aide à se libérer de leur statut. Elle a des résultats positifs en termes de coûts, de sécurité et de diminution de la récidive.

 

A rebours de la peine carcérale et du “tout sécuritaire”, la justice restaurative tente une reconstruction des victimes au travers d’une médiation entre elles et leurs agresseurs. Immersion poignante dans des expériences menées en Belgique et en Suisse. 

Braquage, agression, abus sexuels ou encore accident de la route : autant d’infractions qui engendrent des blessures profondes, physiques et morales, chez les victimes, souvent privées de voix dans des procédures judiciaires axées sur la peine. Pour leur restituer une place, la justice restaurative organise des confrontations entre elles et les auteurs de ces actes, afin que s’instaure un dialogue cathartique entre les deux parties. Des médiations chargées émotionnellement, qui permettent cependant aux unes et aux autres de dépasser la violence subie et commise pour se reconstruire. Pionnière en matière de médiations pénales pour mineurs, la Belgique expérimente ces méthodes avec succès depuis des années. “C’est bien de se voir et de se parler, confie lors d’une séance un adolescent en larmes, sinon, on garderait tout cela en nous.” En Suisse, à Lausanne, une jeune mineure, victime d’abus sexuels, a osé affronter le regard de son agresseur : “J’ai pu en face à face lui donner le pardon, c’est-à-dire me pardonner à moi-même de n’avoir pas su lui échapper.” En incitant les auteurs à prendre conscience des souffrances infligées, la justice restaurative, qui ouvre sur des réductions de peine carcérale, peut aussi contribuer à prévenir la récidive. Mais son développement amorcé à travers le monde est aujourd’hui entravé par la dérive du tout sécuritaire. 
 
Libérer les victimes 
En filmant, de la Belgique à la Suisse, ces rencontres d’une poignante intensité, dont celles d’un programme pilote mené en prison avec des auteurs et des victimes d’actes similaires, François Kohler explore ces pratiques qui exigent du temps, un accompagnement et la pleine adhésion des parties prenantes. En remettant les victimes au centre du processus judiciaire, la justice restaurative les libère paradoxalement de ce statut qui les enferme – “J’ai maintenant envie d’enlever cette étiquette de victime”, lance un jeune homme à son agresseur à l’écoute, presque déçu d’être amendé −, en même temps qu’elle autorise les auteurs d’agressions à se raconter et à s’expliquer sans faux-semblants. Au-delà des dommages et des ineffaçables cicatrices, une humanisation qui répare et favorise la réinsertion.

François Kohler

Né à Couvet (Suisse). Après avoir obtenu une licence en droit à l’université de Neuchâtel, François Kohler poursuit des études de cinéma à l’INSAS (Institut National Supérieur des Arts du Spectacle et Techniques de Diffusion) à Bruxelles. Il réalise, produit ou coproduit ensuite des films de cinéma et de télévision parmi lesquels LE SOUFFLE DU DESERT (2005) et CHER MONSIEUR, CHER PAPA (2008), tous deux sortis en compétition internationale au festival Visions du Réel à Nyon.

 

Born in Couvet. François Kohler studied Law at the University of Neuchâtel and attended the INSAS (Institut National Supérieur des Arts du Spectacle et Techniques de Diffusion) in Brussels. Kohler has directed films for both cinema and television. Among them LE SOUFFLE DU DESERT (2005) and CHER MONSIEUR, CHER PAPA (2008), which celebrated their world premiere in the international competition at Visions du Réel in Nyon.

Equipe

Ecriture & Réalisation : François Kohler

Image : Joseph Areddy

Son: David Lipka

Musique originale : Christian Garcia Gaucher

Montage image : Dejan Savic

Montage son : Renaud Musy

Mixage : François Musy

Postproduction image: Rodney Musso et Jean-Baptiste Perrin

Production

P.S. Productions
Instant films
RTS Radio Télévision Suisse, SRG – SSR
ARTE G.E.I.E

 

Production déléguée : Xavier Grin

Responsable de l’Unité Documentaire RTS: Steven Artels
Chargés de programmes documentaires RTS : Gaspard Lamunière Philippe Zibung Frédéric Pfyffer

Chargée de Programme ARTE : Catherine Le Goff
Production ARTE: Heike Lettau, Caroline Kelsch
Unité de programme Culture ARTE : Claire Isambert